Directive Empowering Consumers : votre communication événementielle est-elle conforme ?
Comparer des produits et des services sur la base de leurs caractéristiques environnementales est une pratique marketing de plus en plus répandue. D’un côté, c’est plutôt bon signe : les consommateurs se soucient de durabilité. De l’autre, le manque de transparence sur la fiabilité de ces allégations a créé une sorte de Far West.
Une étude de la Commission européenne menée en 2020, a révélé que 53 % des allégations environnementales dans l’Union européenne étaient vagues, trompeuses ou infondées, et que la moitié des labels “verts” offraient une vérification faible, voire inexistante. Cette pratique est connue sous le nom de « Greenwashing ». Pour y mettre fin, l’UE fait entrer en application la directive Empowering Consumers.
Qu’est-ce que la directive Empowering Consumers ?
À partir du 27 septembre 2026, la directive s’applique dans tous les États membres de l’UE. Son objectif principal : renforcer la lutte contre le greenwashing et donner aux citoyens une information fiable pour faire des choix durables.
Pour y parvenir, la directive couvre un large champ : de la lutte contre l’obsolescence programmée aux nouvelles obligations d’information sur les garanties, mais deux volets concernent plus directement le secteur événementiel : les allégations que les entreprises formulent, ainsi que les labels qu’elles affichent.
Les allégations : fini le flou
Le droit français encadrait déjà les allégations environnementales trompeuses, à travers deux dispositifs distincts : la loi AGEC (2020) et la loi Climat et Résilience (2023). La Directive Empowering Consumers va maintenant encore plus loin.
Pas d’allégation environnementale sans preuve. Des termes génériques comme « respectueux de l’environnement », « vert », « écologique », « climato-compatible » ou « bas carbone », peuvent seulement être utilisé si vous pouvez prouver, de manière visible, que le produit ou le service a vraiment une excellente performance environnementale.
La neutralité carbone : la porte se ferme. Jusqu’à présent, une entreprise pouvait parler de neutralité carbone si elle prouvait le sérieux de sa méthode. Avec la nouvelle directive, ce n’est plus possible du tout : dès qu’une allégation de neutralité repose sur de la compensation carbone, elle est interdite, sans exception, peu importe la qualité des crédits carbone achetés. Des expressions comme « climat neutre » ou « net zéro » ne pourront donc plus être utilisées.
Les visuels trompeurs et les choix de couleur, passés au crible. Ce ne sont plus uniquement les mots qui sont regardées mais l’ensemble de vos logos, visuels ou choix de couleur, qui pourraient laisser penser aux consommateurs que le produit a un bénéfice écologique, sans pouvoir le prouver.
Les labels : place à la vérification indépendante
Au-delà des allégations formulées en mots, la directive renforce également les règles encadrant les labels de durabilité.
À partir de septembre 2026, un label de durabilité ne pourra être utilisé que si :
- il repose sur un véritable dispositif de certification, ou a été établi par une autorité publique
- il est vérifié de manière indépendante par un tiers, sans intérêt financier ni organisationnel dans le résultat
- les critères sous-jacents et le processus de contrôle sont transparents et accessibles publiquement
Les labels « autoproclamés » ou auto– certifiés, des badges qu’une entreprise crée et/ou s’attribue elle-même, sans contrôle indépendant, ne seront plus autorisés.
Pourquoi cela concerne particulièrement le secteur événementiel
Les organisateurs d’événements intègrent de plus en plus la durabilité dans leur discours. À mesure que grandit cette volonté d’afficher ses engagements en matière de durabilité, la tendance à afficher des labels ou encore à revendiquer le « zéro déchet » ou simplement « durable » se renforce également. Or, dans le cadre de la directive, ce sont des affirmations qui doivent être étayées, sous peine d’être qualifiées de greenwashing.
L’essentiel à retenir : si vous communiquez une allégation de durabilité ou affichez un label auprès des personnes qui participent à votre événement, cette allégation doit être fondée. Il ne suffit pas d’avoir de bonnes intentions, le label ou l’allégation lui-même doit répondre aux exigences de la directive : reposer sur des preuves, être sourcé et être vérifié de manière indépendante.
Le label LEAD : une réponse aux deux exigences de la directive
LEAD, pour Label Evénement à Ambition Durable, est un label qui évalue les événements sur trois grandes ambitions : zéro déchet, bas carbone et impact social positif, à travers un référentiel de critères précis, audités indépendamment par SGS. Bonne nouvelle : il a été conçu autour des deux principes que la directive impose aujourd’hui.
Sur les allégations : un système d’audit sur preuves. Les critères LEAD ne sont validés que sur des preuves, et la plupart sont conditionnées par l’atteinte d’indicateurs quantitatifs précis. Un organisateur d’un événement labellisé LEAD ne communique donc jamais une allégation qu’il ne peut pas démontrer, exactement ce que la directive exige désormais de toute affirmation environnementale.
Sur les labels : une vérification indépendante par un tiers. LEAD est attribué par SGS, organisme de certification indépendant et reconnu mondialement, sans intérêt dans le résultat. Les critères sont transparents et publics, et les événements sont réellement audités ; précisément le type de dispositif que la directive impose pour tout label de durabilité.
Autrement dit, les labellisés LEAD sont déjà pleinement alignés avec cette nouvelle réglementation qui deviendra obligatoire pour tous. Pour les organisateurs d’événements, les marques et les lieux qui souhaitent continuer à faire de la durabilité un véritable élément de différenciation, sans risque juridique ni réputationnel, cet alignement est indispensable.
Les prochaines étapes concrètes pour les organisateurs d’événements
- Faites l’inventaire de vos allégations et labels actuels. Listez chaque allégation ou badge de durabilité que vous utilisez, site web, dossiers de sponsoring, signalétique, supports presse.
- Vérifiez s’ils sont étayés par une véritable certification. Pour chaque allégation, demandez-vous : est-ce que je peux prouver ce que je dis ? Et pour chaque label, demandez-vous : est-ce vérifié de manière indépendante ? Le processus est-il transparent ? Résisterait-il à une contestation ?
- Remplacez ou supprimez ce qui ne l’est pas. Les termes vagues, les badges autoattribués ou les allégations « neutres » basées sur la compensation doivent disparaître, ou être remplacés par une solution conforme aux nouvelles exigences.
- Contactez-nous si vous avez besoin d’un cadre conforme. Si vous souhaitez communiquer sur vos efforts d’éco–conception de vos événements de manière fiable et règlementée, le label LEAD est fait pour vous.
Dans tout le secteur événementiel, les bonnes intentions sont belles et bien là ; la question est désormais de savoir comment mesurer, structurer et prouver cet engagement. La directive Empowering Consumers est une opportunité de faire reconnaître, valider et protéger le travail de durabilité que vous menez déjà.